samedi

El 10 de mayo


¡ Feliz dia de las mamas !

Aujourdhui 10 de mai, cest la fete des meres au Mexique. Mais attention, pas la fete des meres comme au canada, commerciale et tout. Ici, depuis 4 jours, je vois des enfants dans tous les villages que je vais, ou tous les soirs ils se regroupent avec leur professeur et dansent. Dansent en ligne, recitent des poemes, ont une petite orchestre avec quelques cuivres, parfois. On celebre la mamá en grand, avec confettis, jeux, discours.
Cet apres midi nous allons tous au grand village pour voir la danse des jeunes et moins jeunes, jai bien hate de voir ca.

- Pourtant, je nai pas vu aucun homme se lever ce matin pour faire les taches quotidiennes épuisantes de leurs épouses : ramasser les oeufs des poulets, partir leau chaude, commencer a faire cuire une vingtaine de tortillas -plus le repas-, servir tout le monde, préparer le café ou le thé, manger apres tout le monde, faire la vaisselle, puis le menage, le lavage, nourrir les poules, les chiens, et apres préparer le repas du diner, ainsi de suite. Je pense que ca, ca aurait vraiment été un joli cadeau de fete des meres. Faite donc un déjeuner au lit a votre petite mamá si vous en avez la chance, compañeros.

La famille qui vit juste a coté de liguanario, ou nous vivons, est relativement pauvre. Ils ont bien une quinzaine de poulets, oui, et 3 chiens (les poulets les plus laids que jai vu de ma vie, la moitié nont pas de plumes sur une bonne partie de leur corps, ce qui me fait penser a des bébés vautours, ou encore a un poulet pret a manger de mon assiette qui se promene dans la poussiere.) Petra, la femme de la maison, donc, narrete jamais de travailler. Il faut dire quEmilio, son mari, travaille aussi beaucoup dans les champs a la grosse chaleur, mais lui peut se reposer de temps en temps dans un hamac avec un verre de Jus de Limon que sa femme lui prépare, et a nous aussi. Ce matin, Anni et moi (qui sommes les seules a liguanario, les autres sont partis a la plage hier alors que nous étions dans les montagnes) avont été gatées : en plus des deux oeufs du matin et des éternelles binnes -que jadore- Petra nous a servi du concombre (¡Siii¡) arrosé de jus de lime et de sel, comme ils aiment bien le faire. Un petit délice surprise du matin. Jai souhaité de tout mon coeur un énorme bonne fete des meres a Petra, et nous avons fait la vaisselle, Anni et moi.

Hier, donc, elle et moi étions dans les montagnes, au village de Peñas Negras. Je lai accompagnée dans son travail, qui est different du notre, pour quelques jours. Le trajet pour sy rendre est mémorable : 3 heures dans un pick-up chevrolet 1978 qui na plus de miroirs latéraux, dont les indications du tableau de bord sont arraches et dont nous pourrions confortablement etre 6 dassis sur la banquette den avant. 3 heures la dedant, donc, mais dans la route (chemin de terre, devrais-je dire) qui sillone (fait des Z, des boucles interminables) dans les montagnes. Superbe paysage, mais a certains endroits je dois dire que ca devenait un peu énervant, quand le passage na de large que la possibilité dune seule voiture a la fois, et que des deux cotés de cette meme voiture, tu as un pied de sable, puis, le vide et le ravin de la montagne. Hay Hay Hay, comme samusait a dire Alejandro, notre cher conducteur. (Ah ! Et autre chose, je ne voulais pas etre méchante, mais cet homme a un oeil de verre, et il nous conduit dans des chemins digne de Tintin au Temple du Soleil. Je nétais pas super rassurée, disons. Moi meme avec mes deux yeux je naurais pas osé conduire dans de telles conditions, avec un tel véhicule)

Je pensais, hier soir, couchée dans mon hamac, la fan qui se faisait aller a plein régime, au sujet de limigration illégale des Mexicains vers les États-Unis. Ici, tout le monde a un frere, un cousin, un fils ou un mari qui est parti la-bas tenter sa chance de rapporter un peu plus dargent a la famille. Le beau-frere dAlejandro est en prison depuis quelques mois, ils ont découvert quil était un sans-papier derriere la frontiere etat-unienne. Et le probleme dimmigration est bien réel, et grave. Dans le village de Peñas Negras ou nous étions hier, je pouvais clairement voir que cétait un village de femmes sans maris et denfants sans peres. Que des femmes et des enfants, les hommes sont tous vieux ou partis travailler dans les montagnes de laube au crepuscule.

Ana Maria, la femme chez qui nous vivions, (que jai adoré, quelle charmante personne. Toute simple, tout le temps souriante, qui vit avec ses deux enfants de 12 et 17 ans, seule.) Toute fiere de dire que son mari travaille dans un restaurant a los Estados Unidos, depuis 8 mois, et qu;il envoie a la maison un 500 pesos par mois. (50 $ canadiens, mes amis.) Ya de quoi rendre un peu mal á laise. Je ne pense pas que son mari ne va jamais revenir, ou si oui, il perdra surement quelques plumes. Ca te fait réaliser á quel point tu es chanceuse de dire que tu es Canadienne, et que si jamais demain matin il y avait troubles au pays, nimporte quoi, un tsunami, tu pourrais ten aller au premier aeroport venu, payer a credit un billet davion et retourner en sécurité dans un pays plus sécuritaire. Cest difficile a comprendre, difficile a accepter. Mais cest comme ca que cest, la seule difference que jai davec Ana Maria la femme au coeur dor est que jai eu la chance unique detre nee dans un pays plus riche que le sien.

Question de ne pas terminer ce billet de maniere si triste, je vous dirai que jai bien hate de participer aux activités del dia de las mamas, de cet apres midi, quil y aura des jeux, des piñas pour tous, des helado bien froides et que le groupe de liguanario revient nous rejoindre tantot pour participer a la fete. Sur ce, chers canadiens de mon coeur, a tres bientot, et bonne chance dans vos examens pour ceux qui en ont encore

Glo qui traine désormais son chapeau de paille partout avec elle - ¡Qué practico!

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